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SCIencextrA

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Crèche Baby Loup: La cour d’appel confirme le licenciement !

La cour d’appel de Paris a donc rendu son jugement, ce mercredi 27 novembre, dans le litige qui oppose une salariée de la crèche Baby Loup (à Chanteloup-les-Vignes) à sa direction.

À ce stade, un petit rappel s’impose : au retour d’un congé parental, en 2008, Fatima Afif a décidé de porter le voile sur son lieu de travail. Et refusé d’obtempérer quand sa direction lui a demandé, au nom de la laïcité qui est la règle de l’établissement, de le retirer. Dans une ville qui compte 10.000 habitants et 55 nationalités, la crèche Baby Loup est un havre ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour permettre aux parents isolés le travail de nuit.

On connaît l’histoire, devenue symbolique au fil des années : licenciement de Fatima Afif, qui saisit les prud’hommes et réclame 80.000 euros de dommages et intérêts. Elle saisit également la HALDE, qui lui donne raison en 2010. En décembre de la même année, les prud’hommes désavouent la HALDEe et jugent le licenciement pour faute grave justifié. Jugement confirmé en 2011 par la cour d’appel de Versailles, mais annulé en mars 2013 par la Cour de cassation au motif que la crèche Baby Loup est un établissement privé et non public.

Nouvel appel, et nouveau jugement ce mercredi, donc, cette fois en faveur de la crèche. Mais il est à craindre que les choses ne s’arrêtent pas là car Fatima Afif l’assure au Nouvel Obs : « Je ne lâcherai jamais, et plus que jamais. Je n’ai rien à perdre, ce n’est que partie remise. »

Fatima Afif n’a rien à perdre. Tant mieux pour elle. Il faut croire alors que les frais de justice ne sont pas à sa charge, croire aussi que son avocat la défend pour ses beaux yeux et que, peut-être, elle a des revenus qui la dispensent de gagner sa vie ? Selon nos confrères de Riposte laïque, son conseil Me Michel Henry est un ténor du barreau attaché à la CGT. On apprend d’ailleurs en les lisant que « lors d’élections professionnelles, dans cette crèche unique en France, les amis de la nounou voilée avaient monté une liste – qui fit un piètre score – soutenue par la CGT locale ». Faut-il leur rappeler que le racolage aussi est un délit ?

Bref, fort peu chatouilleux sur les questions de laïcité, Me Henry déclarait lors de la dernière audience, en octobre dernier, que « à titre personnel », il avait« tendance à considérer que [cette affaire] est un problème résiduel d’intégration ». Donc, si on le suit bien, l’intégration sera parfaitement réussie quand toutes les femmes seront voilées ?

C’est un peu la position soutenue par une jeune femme de 23 ans dont on ne connaît que les initiales (S.A.S.) et qui a porté devant la Cour européenne des droits de l’homme sa contestation de la loi française lui interdisant de porter le niqab. Sa requête, nous dit-on, « a été déposée à la Cour européenne le jour même de l’entrée en vigueur du texte, le 11 avril 2011 ». Rapide ! Elle demande le droit de porter le niqab « en public comme en privé, mais pas de façon systématique ». Maligne, elle accepte en effet de ne pas le porter tout le temps dans l’espace public, mais « souhaite pouvoir le faire quand tel est son choix, en particulier lorsque son humeur spirituelle le lui dicte ». Ah oui. J’ai une amie aussi, écolo-naturiste dans l’âme, qui aimerait bien se promener à poil dans les rues de Paris les jours de grande chaleur, parce que telle est son humeur…

Mlle S.A.S. n’est pas défendue par la CGT, mais « représentée devant la Cour de Strasbourg par un cabinet de Birmingham (Royaume-Uni) spécialisé dans les affaires d’immigration et de droits de l’homme ». Elle n’a pas un mais« des » avocats. Qu’elle paye aussi de sa poche, bien sûr.

Au fait, vous connaissez des avocats à Birmingham, vous ? Pas moi. Même pas à Londres.

BVOLTAIRE