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SCIencextrA

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La France raciste ?

La France raciste ?

Une femme, tête de liste désignée par le Front national pour les municipales de mars prochain dans une petite ville de Champagne-Ardenne, ouvre avec une parfaite inconscience aux caméras de la télévision son cœur et sa page Facebook. À ses yeux, et elle en produit la preuve photographique, Christiane Taubira n’est rien d’autre qu’un singe.

À Angers, une petite fille enrégimentée dans un comité d’accueil anti-mariage pour tous s’exclame à l’arrivée et à l’intention de la même Christiane Taubira : « Hou, la guenon ! Mange ta banane ! » Et le cercle de famille d’applaudir à grands cris…

Des racistes, nous en connaissons tous, nous en croisons tous les jours, nous les côtoyons partout, chez nous, au comptoir du bistrot, dans la rue, sur Internet. Racistes prudents, dissimulés, honteux, racistes proclamés, revendiqués, tonitruants. Racistes Dupont Lajoie qui ne peuvent ni voir les Noirs en peinture ni sentir les Arabes. Racistes des banlieues, des cités, des établissements scolaires où les petits Blancs, devenus minoritaires, sont l’objet des surnoms, des quolibets, des agressions verbales ou physiques de la part de membres de communautés d’origine étrangère devenues majoritaires.

La France est-elle pour autant un pays raciste, comme le claironnent à l’envi les médias, comme le martèlent les organisations droit-de-l’hommistes, antiracistes, ethniques, confessionnelles et ces professionnels patentés et salariés de la dénonciation qui tiennent la vétilleuse comptabilité des paroles et des actes, réels ou imaginaires, d’antisémitisme, d’islamophobie, de xénophobie, de racisme qui émaillent notre quotidien ?

Il est vrai que la crise, que le désarroi ou le désespoir qui sont le lot de millions de Français, que la carence de l’État, que le déferlement de reproches et d’accusations que font pleuvoir sur nous les grands prêtres de la victimisation et de la repentance sont propices à la radicalisation des opinions, à la recherche de boucs émissaires, à l’exacerbation des ressentiments et des colères.

Mais quoi, un pays dont un quart des habitants ont au moins un aïeul étranger, un pays qui doit l’accroissement massif de sa population depuis un demi-siècle à l’apport d’un sang étranger, un pays dont non seulement les rues et les clubs de football mais les lycées, les Facultés, les Universités, les plateaux de théâtre, de cinéma, de la télévision, les conseils municipaux, généraux, régionaux, les bancs des Assemblées, les conseils de gouvernement font une place de plus en plus large à la diversité peut-il être qualifié de raciste ?

Ce n’est pas la présence en nombre, sur notre sol, d’étrangers ou de Français d’origine étrangère qui pose problème, c’est le flux sans cesse accru, dans une période de crise, d’une immigration incontrôlée que nous n’avons ni les moyens d’accueillir, d’employer, de loger, d’éduquer, ni la capacité d’assimiler. Des millions de personnes d’origine, voire de nationalité étrangère, sont venus chez nous, s’y sont installés, s’y sont fixés et sont devenus, eux ou leurs enfants, aussi français que ceux dont les racines plongent depuis des siècles dans notre terre. Mais on voit depuis quelque temps s’accroître le nombre de ceux qui se conduisent dans le pays d’accueil comme dans un pays conquis et prétendent refuser nos coutumes, nos mœurs, nos lois pour nous imposer les leurs.

L’immense majorité des immigrés ne pose aucun problème particulier, mais la surreprésentation des immigrés dans les statistiques de la police, des tribunaux et des prisons est un problème majeur. La porosité de nos frontières, la faiblesse et la démagogie de nos pouvoirs publics, l’incapacité où nous sommes, cent ans après la guerre de 14, de rétablir et de faire respecter l’ordre public dans les « quartiers » et bientôt dans les beaux quartiers, l’incessante mise en accusation de la France et des Français par des porte-parole autodésignés de la justice, de la morale et de la solidarité qui ne lèveraient pas le petit doigt mais ouvrent bien grand la bouche en faveur de ceux dont ils se disent les défenseurs, voilà les meilleurs aliments de l’éventuelle montée du racisme.

FRANCE-sciencextra.fr

Raciste, ce pays où les personnalités les plus populaires s’appellent Jamel Debbouze, Yannick Noah, Omar Sy, Zinedine Zidane ? Raciste, ce pays où M. Harry Roselmack, qui reconnaît ne pas avoir à s’en plaindre, est l’une des figures vedettes de la télévision ? Raciste, ce pays où, après Rachida Dati, Rama Yade ou Azouz Begag, Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem, Fleur Pellerin, Victorin Lurel et Kader Arif siègent au banc des ministres ? Xénophobe, ce pays qui a élu Nicolas Sarkozy et qui pourrait élire Manuel Valls à la présidence de la République ?

Allez raconter cette histoire à Pékin, à Moscou, à Tokyo, à Riyad, à Lagos, à Alger, à Tombouctou, à Cotonou, à Kaboul, à Téhéran, à Colombo, vous obtiendrez un franc succès de rire. Ce n’est qu’à la une du Parisien et dans les colonnes de Libération ou du Monde que cette farce est présentée comme une tragédie.

  BVOLTAIRE