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SCIencextrA

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Le témoignage de DENIS BROGNIART sur la mort de Gérald BABIN.

Le témoignage de DENIS BROGNIART sur la mort de Gérald BABIN.

Pourquoi avez-vous décidé de vous exprimer? 
DENIS BROGNIART. 
Après avoir respecté et accompagné le deuil des familles de Gérald Babin et Thierry Costa, aujourd’hui j’ai besoin que ma version des faits soit entendue. Je ne reconnais pas, dans les mises en cause que je lis, les événements tels que je les ai vécus.

La famille du candidat disparu explique avoir dû « supplier » pour pouvoir aller au Cambodge… 

Non, ils n’ont eu à insister pour rien. Nous avons très rapidement pris la décision d’emmener la famille en payant tout. On pensait qu’il s’agirait de ses parents, sa sœur et sa compagne. Ils ont tenu à venir à huit, avec une nièce, un cousin, une cousine et un oncle. Plus de la moitié d’entre eux n’avaient pas de passeport. En une heure et demie, TF1 a obtenu des passeports provisoires pour tout le monde. Pendant les quatre jours que nous avons passés au Cambodge, j’ai senti une proximité intense avec cette famille. J’ai eu des rapports très forts et pudiques avec Alex, le père de Gérald. De même qu’avec Alexandra, la petite sœur, une étudiante de 21 ans, intelligente et fragile. Et Leïla, la compagne de Gérald, une femme qui s’est battue toute sa vie et s’est vite confiée à moi. On se tutoyait tous, on a beaucoup parlé et aussi, à un moment, blagué pour évacuer les choses. C’est comme ça qu’Eric, le cousin de Gérald, nous a fait des ti-punch un soir. J’ai été bouleversé par cette osmose familiale.

La sœur de Gérald a déclaré que vous lui aviez proposé de participer à une émission de téléréalité… 

De quel droit aurais-je fait ça? Elle m’a dit : « J’étais jalouse de mon frère parce qu’il avait réussi à faire une émission de téléréalité avant moi, notre rêve ultime c’était de faire Secret Story ensemble avec comme secret nous sommes frère et sœur »… Si eux ont perdu la mémoire, moi j’ai tout gardé.

Pourquoi avoir proposé à son père de venir dans le public de « Téléfoot » et « Automoto »? 

Parce qu’il était passionné de foot et d’automobile, comme Gérald, et que j’imaginais qu’on allait se revoir. Lui et son frère m’ont invité à un match de foot… Je voulais simplement les aider, atténuer leur douleur.

Pourquoi la famille n’a-t-elle pas pu parler avec les autres candidats? 

Parce qu’ils étaient déjà rentrés en France, lorsque la famille est partie au Cambodge. Mais ils peuvent tout à fait prendre contact avec eux maintenant, s’ils le souhaitent.
Gérald Babin dans Koh-Lanta-sciencextra.fr
La famille met également en cause l’attitude du médecin Thierry Costa, « fuyant et bégayant » quand ils l’ont rencontré, avec de l’alcool dans sa chambre… 

Ils ont rencontré Thierry à notre initiative. Et nous n’étions pas dans sa chambre, mais dans un salon réservé, où un chariot de boissons avait été préparé pour l’apéritif et le dîner qui allait suivre. La conversation a duré des heures. Thierry Costa était ému. Il leur a parlé avec calme, gentillesse, mais aussi avec effusion en les regardant droit dans les yeux. C’est un médecin, il ne sortait pas des phrases toutes faites comme dans les films. Et oui, parfois, j’intervenais pour lui demander de clarifier tel ou tel point technique.

Quand vos rapports avec la famille se sont-ils dégradés? 

Une première fois à notre arrivée à Roissy, lorsqu’ils ont découvert sur Internet le témoignage du corbeau. Ils ne voulaient plus nous parler. J’avais un sentiment d’injustice épouvantable, mais je les comprends. J’aurais probablement réagi de la même manière. Finalement, Alexandra, la sœur de Gérald, est revenue vers moi par SMS en me demandant comme « une faveur » de venir à l’enterrement de son frère. Elle m’a également dit qu’elle aimerait qu’Emmanuel Moire chante aux obsèques. J’ai appelé l’agent d’Emmanuel, qui m’a répondu qu’il était absent ce jour-là.

La famille dit aujourd’hui que la production et TF1 se sont « invitées » à l’enterrement… 

Je n’ai reçu que des messages me précisant les différents horaires et adresses, et pour la levée du corps la veille, et pour les obsèques. Si vous ne voulez pas que quelqu’un vienne, vous ne lui envoyez pas tous ces détails… Devant l’église le jour de l’enterrement, un homme en blanc m’a dit : « Vous n’êtes pas les bienvenus », avant qu’un autre n’intervienne et ne dise; « Si, si, c’est bon. » A l’intérieur, nous avions deux bancs réservés. Mais je n’ai pas eu un regard de la famille, à part Eric, le cousin de Gérald, ni osé aller les voir.

Ça ne vous a pas mis la puce à l’oreille? 

Comment se formaliser? Non, c’était un moment familial, il y avait une telle ferveur…

Avez-vous le sentiment que le maximum a été fait au Cambodge? 

Oui. Un jour ou l’autre, la pathologie de Gérald lui aurait été fatale. Thierry Costa a fait tout ce qu’il fallait. Quelques jours après la mort de Gérald, il me parlait encore de ses projets, je ne l’ai pas senti fragile. Sinon je l’aurais ramené avec moi. Ce que j’ai fait pour la famille de Gérald, je l’ai fait pour la sienne aussi. Nous étions au Cambodge la semaine dernière tous ensemble pour la crémation de Thierry Costa.

Avez-vous des regrets? 

Aucun. Tout ce qui a été mis en place au Cambodge pour soutenir la famille l’a été sans aucune arrière-pensée. J’ai beaucoup de défauts, mais je peux me regarder dans une glace sans aucun problème. Mon seul intérêt, c’était d’atténuer, par mes petits moyens, la souffrance immense de ces gens. Je n’en veux pas à la famille de Gérald, j’aimerais tellement pouvoir leur reparler. Ni Gérald ni Thierry ne méritent ça.


VIDEO. Denis Brogniart aux obsèques de Gérald Babin