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SCIencextrA

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LES FEMMES SONT AGRESSIVES

LES FEMMES SONT AGRESSIVES

On a déjà commencé à vous donner quelques indices sur le sujet. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce n'est que tout récemment que la Science s'est penchée sur l'agressivité des femmes. C'est comme un tabou social, comme deux mots qui n'ont rien à faire entre eux (par pur effet de construction sociale du rôle des deux sexes) et c'est tellement plus « évident » d'étudier celle des hommes qui se manifeste de manière particulièrement visible (violence verbale et physique). 

La compétition entre femmes existe pourtant bel et bien, mais l'analyse est difficile justement parce que cette compétition et sa violence se font de manière plus subtile que celle des hommes. Les chercheurs se sont mis donc, avec les outils récents, à regarder de près cette compétition INTRAsexuelle (la compétition intrasexuelle des mâles est assez connue, par exemple les combats des cerfs), mais chez les femmes. 

 

Ils disent maintenant que c'est avant tout cette compétition intrasexuelle qui est le principal facteur derrière les pressions que les jeunes femmes ressentent afin d'adopter une conduite sexuelle et avoir telle ou telle apparence physique ; dans le but donc de devancer une concurrente pour séduire l'homme et maximiser ses chances de reproduction. 

Il y avait de vieux doutes sur la compétitivité des femmes, car dans des sociétés polygames, de nombreux hommes restent par voie de fait (statistique) célibataire, car les hommes dominants s'accaparent plusieurs femmes. La compétition devenait alors très rude entre les hommes pour accéder au « harem » et avoir une chance de se reproduire ; les femmes n'avaient pas cette pression (étant certaines dans tous les cas de se reproduire). 

Il s'est avéré en poussant les recherches sur ces sociétés polygames que les femmes étaient loin d'être de simples trophées passifs d'hommes victorieux. Elles avaient un levier pour la compétition interne afin d'avoir le partenaire le plus désirable et plus de ressources pour leurs enfants. 

À présent, nos sociétés modernes sont surtout monogames et cette pression intrasexuelle féminine est d'autant plus exacerbée. Parfois, la compétition peut même être plus féroce, par exemple dans les cours d'universités où il y a bien plus de femmes (qui a été dans une école de mode ou un cours de psychologie de première année ?) que d'hommes. 

Les chercheurs ont regardé la réaction d'étudiantes face à une rivale. On amenait deux étudiantes dans le laboratoire de l'université en prétextant que l'on parlerait d' « amitié entre filles ». En réalité, quand l'étudiante se présentait, une autre jeune femme (complice) entrait soi-disant pour trouver un des chercheurs. 

Cette complice avait toutes les qualités « évolutionnistes » pour séduire un membre de l'autre sexe : ratio taille/hanche idéal, belle peau et seins volumineux. Elle était soit habillée d'un jean et d'un T-shirt, soit d'une tenue bien plus sexy (on n'a pas les photos, dommage...) : jupe courte et haut serré. On enregistrait la réaction de la volontaire. 

Bilan ? Dans la première tenue, elle ne se faisait pas remarquer de la volontaire. Par contre, dans la tenue sexy, la volontaire la regardait fixement, voire de haut en bas, roulait des yeux et montrait de la colère ou du mépris. Soulignons que toute cette attitude agressive n'intervenait que lorsque la complice était ressortie. Ce n'était que là qu'elles riaient auprès des chercheurs et donnaient des explications sur leur réaction. Certaines disaient clairement que cette femme cherchait à avoir une relation sexuelle avec un professeur. Une a dit « ses seins allaient sortir ». 

Notons également que ces comportements agressifs et indirects sont bien plus utilisés par de jeunes femmes que par les moins jeunes (souvent « casées »), qui ont moins d'incitations pour jeter l'opprobre sur des concurrentes potentielles. D'autres études ont montré que plus une jeune femme s'habillait de manière « attirante », plus elle est critiquée et agressée par les autres jeunes femmes. 

Cette agression indirecte peut avoir des effets bien trop forts. Les femmes peuvent se retrouver ostracisées ou sentir une pression vers un standard inatteignable (comme ces femmes trop minces dans les magazines féminins). Des études ont déjà montré que le « corps » idéal (occidental) féminin vu par les femmes est plus mince que celui que les hommes souhaitent idéalement. Ce n'est pas tant les médias qu'il faut blâmer que cette compétition intrasexuelle dans son ensemble. 

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Les médias reflètent les tendances sociétales et ce n'est pas l'inverse. Les recherches semblent montrer que les femmes insatisfaites de leurs corps n'ont pas de corrélation avec les médias consultés. Les femmes se sentent surtout mal lorsqu'elles se comparent avec les autres de leur cercle social. 

Il existerait une exacerbation de cette compétition intrasexuelle avec notre monde occidental où les femmes ont la possibilité de reporter le mariage (ou forme d'union stable équivalente) et d'être tentées de trouver avec une angoisse légitime « Mr. Perfect » dans un marché avec des rivales de plus en plus nombreuses (le temps avançant et les femmes les plus jeunes, plus fécondes, attirant davantage les regards des hommes plus âgés) alors que dans les sociétés traditionnelles, les femmes étaient « casées » rapidement. 

Bref, compétition à mort, suite à l'émancipation féminine justement.

LA TOILE