Quand le cerveau se bat contre Alzheimer!

par Internaaze 11 Février 2012, 22:16 Medecine

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/68997.htm 

Quand les raisonnements habituels connaissent quelques difficultés, le cerveau développe manifestement de nouvelles stratégies de communication. Ainsi, des régions du cerveau jusqu'à présent peu impliquées dans la résolution d'une tâche déterminée, intensifient leur coopération. D'autres secteurs du cerveau qui travaillent également dans la résolution des problèmes en général augmentent sensiblement leur activité. De cette manière, notre organe de la pensée cherche à continuer de fonctionner de façon optimale. Peut-être même qu'ainsi le cerveau retarde les conséquences dévastatrices de son déclin, comme par exemple dans le cas de la maladie d'Alzheimer. C'est ce que montre une nouvelle étude de la chercheuse de Jülich (Rhénanie du Nord-Westphalie), Heidi Jacobs, basée sur des recherches menées à l'Université de Maastricht (Hollande). Les résultats ont été publiés le 21 janvier 2011 dans la prestigieuse revue "Neurology" [1].

Pour cela, Heidi Jacobs a fait résoudre un casse-tête géométrique à 18 volontaires en bonne santé ainsi qu'à 18 patients ayant un début d'Alzheimer. Ces personnes-test devaient reconnaitre si deux structures tridimensionnelles inclinées différemment coïncident ou non. La chercheuse a enregistré l'activité cérébrale des participants au moyen d'un IRM. De façon surprenante, en dépit de l'apparition des premiers signes de la maladie, les patients ont résolu l'exercice aussi vite et bien que les sujets sains.

Cependant, l'activité des régions cérébrales impliquées a clairement montré une différence. Les chercheurs ont constaté, chez les personnes atteintes, des changements dans le lobe pariétal - une région du cerveau dans la partie supérieure à l'arrière de la tête. Cette région se caractérise d'habitude par le fait d'être fortement reliée à des zones centrales importantes pour la mémoire à long terme. "Le lobe pariétal est impliqué dans de nombreuses facultés mentales," souligne Heidi Jacobs, "par exemple dans le calcul, l'attention, la mémoire et la compréhension ou encore dans la représentation spatiale, voire même la méditation. Chez les malades, la coopération interne entre différentes régions du lobe pariétal s'amplifie. Cependant, des connexions fonctionnelles importantes avec d'autres régions centrales du cerveau sont évidemment déréglées chez les patients Alzheimer. La baisse de la capacité de mémoire est l'une des impasses majeures de la maladie d'Alzheimer," conclut Heidi Jacobs.

La chercheuse et son équipe partent du principe que le cerveau des malades peut compenser les insuffisances par des canaux de communications modifiés à d'autres endroits. A partir de quel moment et pour quelle raison le cerveau perd finalement la course entre le déclin et les processus de compensation dans cette grave maladie, est une question qui préoccupe au plus haut point les chercheurs. "Nous aimerions savoir comment cette capacité surprenante de réorganisation - avant tout dans le lobe pariétal - se modifie au cours de la maladie. En particulier aux stades où la maladie s'accélère : à partir de l'instant où les capacités cognitives faiblissent jusqu'à l'installation complète de la maladie."

Les chercheurs espèrent ainsi d'un côté comprendre davantage les mécanismes de la démence comme Alzheimer, mais également réfléchir à de nouvelles approches thérapeutiques : "Ces processus de compensations dans le cerveau pourraient être soutenus dans le futur par une neurostimulation ciblée ou des médicaments - et ainsi peut-être maintenir les capacités mentales plus longtemps" rapporte Heidi Jacob. De concert avec ses collègues du Service de neurologie cognitive de l'Institut de neurosciences et de médecine de Jülich, elle voudrait, sous la direction de Gereon R. Fink, aller encore plus loin : "Nous cherchons parallèlement un bio-marqueur qui indiquerait ces processus de compensation, dans l'idée de pouvoir détecter un début de maladie beaucoup plus tôt et, dans l'idéal, la retarder," confie la neuropsychologue.

commentaires

Dan jubert- Bizien 12/02/2012


Pour avoir vu maman disparaitre sous nos yeux de jours en jours, je n'ai qu'une chose à dire: tant qu'on n'aura pas trouvé un médicament efficace pour ralentir l'évolution de la maladie, laissez
les malades en paix, ils sont bien assez malheureux comme ça. Pardon, je ne veux pas être désagréable, mais la médecine est tellement impuissante en neurologie qu'elle se doit d'être humble
devant son impuissance rélle.

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